Cuban cigar shortage

El laguito

Potential shortages of Cuban cigars and major stockouts of other prestigious terroirs such as the Dominican Republic, Nicaragua and Honduras.

On a summer evening in 2016, sitting on the terrace of a famous golf club in the Lake Geneva region, I shared my concerns about the cigar market with the aficionados with whom I was sharing this beautiful evening.

The impact of multiple factors such as strong demand from so-called emerging countries, the lack of skilled labor in producing countries, possible political instability in these countries, the boom in e-commerce, the high value of the Swiss franc and the significant enthusiasm of a new European clientele could, I told them, have a profound impact on our business.
Nous vivions une période d’abondance de cigares sur le marché, sans aucun problème apparent, mais sous estimions la possibilité de problèmes endémiques et préférions reporter aux calendes grecques d’éventuelles actions difficiles à prendre mais salvatrices pour débuter la transformation de notre industrie, afin qu’elle soit plus pérenne à moyen et long terme. Ces considérations étant plus en amont de la distribution et bien évidement du consommateur final, les aficionados m’entourant lors de cette soirée me regardaient d’un air goguenard, circonspect, sûrs de leur fait et presque gêné à ma place pour mes propos.

They were so far from imagining that the situation could change so quickly, just 3 years after that meal. Cigar aficionados could still walk into cigar stores and "play" the competition, challenge the retailer's margins against the public selling prices imposed by the importer, and leave satisfied with their purchases, the quality of the cigars they bought, the service they received, and the expertise of their specialist.

"It was a great time", a cigar-loving friend would later tell me, when I had to tell him a few weeks ago that those days were over, that they belonged to the past, and that a return to "a certain normality" was far from imminent!

In fact, for over fifteen years, the price of cigars in Switzerland had been extremely low. So low, in fact, that over thirty specialist stores were forced to close their doors, lay off their staff and lose their life savings without being able to repay the bank loan they had taken out a few years earlier.

"Once an entrepreneur, always an entrepreneur", a maxim with which I absolutely agree. Taking risks, understanding the business in detail, managing work and staff, controlling, checking, traveling, analyzing determining factors, forging friendships, making them grow, investing, starting over. These are the fundamentals of entrepreneurship.

"If you talk the talk, you have to walk the walk!" ... "If you talk the talk about your projects, your ambitions, your dreams, you have to do everything you can to achieve them! Another well-known maxim in the USA; the mojo of Carlito Fuente, fifth generation of the famous Fuente family, one of the best-known and most prolific families in the world of premium cigars over the last sixty years.

Il y a donc quasiment un an jour pour jour, je vous faisais part de mes inquiétudes concernant une potentiel pénurie de cigares cubain dans le monde. Ce jour est aujourd’hui arrivé. L’industrie est confrontée à son plus grand défi depuis plus de 50 ans. La forte demande liée à l’effet « lockdown », le ralentissement de la production à Cuba et les problèmes logistiques causés par Covid-19 font que, dans le monde entier, les étagères des civettes spécialisées sont quasi vides et Habanos S.A. appelle à la patience.

La société 5th Avenue Trading, importateur exclusif de cigares cubains pour l’Allemagne, l’Autriche et la Pologne, a été la première à tirer la sonnette d’alarme. Lors de la publication de ses résultats annuels en janvier 2020, le distributeur notait déjà que « si les Cohibas, les gros cigares et les éditions limitées sont devenus de plus en plus difficiles à trouver ces dernières années, les ruptures de stock sur la gamme standard sont désormais une réalité quotidienne ». Non seulement ce constat fait en début d’année est désormais valable pour le monde entier mais nous sommes en septembre 2021, soit plus d’une année après ces déclarations, et la situation s’est nettement péjorée depuis.

« 90 % du catalogue cubain est en rupture de stock « , nous a confié le propriétaire de l’un des plus grands buralistes de Paris. « Pour les 10% restants, on peut se faire livrer tous les jours si on veut, mais essentiellement des petits formats – plus petits que le robusto. Il n’y a plus de robustos ; ni d’ailleurs de modules plus grand que ça ». Cette phrase lâchée par ce spécialiste parisien du cigare n’est même plus d’actualité. La totalité du catalogue de cigares cubains à l’importation est désormais sous allocation individuelle pour les spécialistes Suisse et la situation est encore plus compliquée dans les pays limitrophes comme en France, en Italie, en Espagne, en Hollande ou en Allemagne.

La situation affecte chaque marché à des degrés divers mais touche particulièrement les marchés plus matures d’Europe occidentale où les cigares cubains sont les plus populaires. « Il y a une pénurie d’approvisionnement pour les cigares premiums (Behike, éditions limitées, etc.) depuis plusieurs années », explique Nicky Meire, le directeur marketing de Cubacigar, l’importateur pour le Benelux. « Mais cette année, les pénuries touchent aussi parfois les standards, comme le Partagás D4 ou P2, et plus généralement tous les robustos. Il nous arrive même de manquer de José L. Piedras ou de Quinteros ! Les livraisons restent régulières, nous recevons des cigares, mais pas en quantité suffisante ». Le président de l’importateur italien Diadema, Andrea Vicenzi, est du même avis : « Il y a des problèmes sur tous les types de produits, mais les pénuries sont plus fréquentes sur les grands formats. »

Underproduction and logistical problems

Plusieurs facteurs se sont conjugués au cours des derniers mois pour que nous en arrivions là. Tout d’abord, depuis plusieurs années, il existe des difficultés au niveau agricole et « pré-industriel » (séchage et fermentation) pour obtenir en quantité suffisante les grandes capes nécessaires à la fabrication des plus grands et des plus beaux cigares. Habanos S.A. et sa branche opérationnelle cubaine, Tabacuba, souffrent donc depuis plusieurs années de problèmes de sous-production de gros cigares (double corona, churchill, salomones, etc.).

Cette situation antérieure à Covid-19 a été exacerbée par les perturbations des transports longue distance et des chaînes d’approvisionnement causées par la pandémie ; perturbations qui ne sont pas encore complètement résolues. Le trafic aérien ne fonctionne toujours qu’à environ 50 % de sa capacité pré-Covid. Dans ces conditions, le fret aérien reste une denrée rare (et chère), et, quoi qu’en pensent les amateurs de cigares, lorsqu’un transitaire doit choisir entre plusieurs types de marchandises, les cigares ne sont pas considérés comme des marchandises prioritaires.

Enfin il y a la situation de la pandémie à Cuba. Même s’il est vrai que moins d’usines y ont été touchées que dans d’autres pays producteurs de cigares, la grande usine La Corona de La Havane est fermée depuis deux mois pour des raisons sanitaires. Considérée comme fondamentale pour l’économie cubaine, l’industrie du tabac a été exemptée des mesures de verrouillage imposées sur l’île ; des mesures strictes d’hygiène et de distanciation sociale ont été rapidement mises en œuvre dans toutes les usines à partir de mars 2020, et celles-ci sont restées ouvertes. Malgré ça la production est toujours perturbée, pour ne pas dire sérieusement entravée. Les écoles sont aussi fermées à Cuba, ce qui signifie qu’une partie des travailleurs doit rester à la maison pour s’occuper de ses enfants. L’exiguïté de certaines usines (comme à El Laguito, où sont fabriqués la plupart des produits Cohiba) ne permet pas s’appliquer une distanciation acceptable. Seul un poste de travail sur deux peut être occupé dans les zones de production. Par conséquent, même en faisant tourner les équipes et en faisant travailler les rouleurs le samedi, ce qui est désormais la règle dans la majorité des grandes usines de La Havane, le niveau de production a fortement baissé. Et alors que Cuba a majoritairement été épargnée par la première vague de la pandémie au printemps 2020, le nombre de cas positifs ne cesse d’augmenter depuis le début de l’année 2021, obligeant les autorités à prendre des mesures préventives strictes, y compris dans les usines. Lorsqu’un cas positif est identifié dans une galère, quatre lignes autour de l’individu infecté, soit 25 rouleaux, sont immédiatement renvoyées à la maison pour être isolées pendant une semaine ».

Since January 2021, the rolling workshops have been at 50 % of their capacity, or even less. "And the rollers aren't the only ones affected, the same type of problems occur at every stage of production (boxing, adding the ring, packaging, etc.)." "Cigars are a handmade product," explains Juan Giron. "It's not an industry where you can increase production at the push of a button".

At El Laguito, as at all other cigar factories, every second shift is filled.

Increased demand

Plusieurs facteurs interagissent donc pour comprimer l’offre à un moment où la demande a rarement été aussi forte. Bien sûr, le marché hors taxes, et les ventes liées au tourisme (Cuba, Amérique latine, Moyen-Orient) sont quasiment nuls. Mais l’Europe, qui représente encore 60 % des ventes mondiales de cigares cubains, a vu la demande de puros augmenter sous l’effet des lockdowns successifs. Bloqués chez eux pendant plusieurs semaines, les amateurs occidentaux ont augmenté leur consommation de cigares. Les importateurs ne communiquent pas tous leur chiffre d’affaires, mais 5th Avenue (Allemagne, Autriche, Pologne), par exemple, a enregistré des ventes record en 2020 qui sont en hausse de 27 % par rapport à l’année précédente et cette tendance ne montre aucun signe de relâchement en 2021. Dans les régions où les distributeurs et/ou les buralistes ont des stocks, la situation reste gérable malgré des ruptures de stock sur certaines lignes. « Cela n’a pas encore affecté notre chiffre d’affaires, car nous pouvons puiser dans notre stock » explique Andrea Vicenzi pour l’Italie. « Mais nous pourrions en ressentir plus fortement les effets dans les mois à venir ». « Il y a quelques années, nous avons pris la position de conserver un an de stock de toutes les lignes, dans notre entrepôt principal sous douane », relate Jimmy McGhee, responsable de la communication de Hunters & Frankau, importateur exclusif de cigares cubains au Royaume-Uni. « Cette politique a peut-être préservé le marché britannique dans une certaine mesure ».

Rumors... and a cigar rush

Cependant, sur les marchés où l’offre est plus tendue comme en France, au Benelux, en Suisse et en Espagne, l’impact de cette situation est important et son équation est facile à comprendre. Avec une augmentation de la demande, une baisse de l’offre et des stocks limités, les étagères des buralistes semblent désormais vides. Et comme souvent dans ce genre de situation, la pénurie s’auto-entretient : voyant que les détaillants sont moins bien approvisionnés que d’habitude, les amateurs de cigares (et les détaillants eux-mêmes) se précipitent pour acheter les produits dès qu’ils apparaissent ou réapparaissent sur le marché. Laurent Mimouni

 

Customers no longer ask: "How much can you offer me for these 5 or 10 boxes of Cuban cigars?" but "Do you still have this or that box of Cuban cigars in stock? " . If the answer is negative, the customer will eagerly ask if his name can be put on the waiting list!

This 180° paradigm shift has taken hold of Cuban cigars in less than a year. There's every chance that it will also apply to cigars from the Dominican Republic, Nicaragua and Honduras. In fact, it has already begun for the most emblematic brands such as Davidoff, Arturo Fuente, Ernesto Perez Carillo, Plasencia and La Flor Dominicana.

In a way, cigars have regained their rightful place in history. A luxury product, a rare product, made by human hands and the age-old vehicle of gestures repeated over and over again. A product that perpetuates tradition and conveys simple, fundamental values of family, friendship and sharing.

We are all suffering from this shortage. We've all had to give up a lot in the last year or so. Some have lost loved ones, some have lost their jobs, others have fallen seriously ill. But rest assured that we're doing everything we can to stay the course and weather this storm. We owe it all to cigars, that ephemeral, futile product that has stood the test of time and is such an important part of our lives.

Cigarefully yours,
Alexis Aazam Zanganeh

PROMO SOLD OUT